mardi 27 août 2013

Retraites: Une réforme à la pas-pas !


Hier, ce qui nous sert de premier ministre a reçu ceux qu'on appelle les partenaires sociaux pour leur annoncer, sans dévoiler l'essentiel, à quoi ressemblerait cette réforme des retraites. Rendez-vous compte, la gauche , qui a tous les pouvoirs en France, s'apprête pour la première fois de son histoire à réformer notre système des retraites; réforme qui s'imposait puisque celle engagée sous Sarkozy, tant contestée par la même gauche il y a deux ou 3 ans, s'avérait insuffisante. 

Alors, on allait voir ce qu'on allait voir. Et on a vu. 

On a vu des partenaires sociaux sortir presque contents et satisfaits de cette présentation. Et ça, ce n'est pas bon signe... pour la réforme. Parce que des partenaires contents, ce sont des partenaires qui n'ont pas été fâchés par une quelconque annonce; autant dire que chacun s'y retrouve et que le gouvernement, courageux devant l'ampleur de la réforme à entreprendre, soucieux de ne heurter personne à quelques mois des municipales, nous l'a joué service minimum et consensus mou. 

" Pas de baisse des pensions, pas de modification des calculs des retraites d'ici à 2020, pas d'accélération massive de la durée de cotisation, pas de modification des règles de calculs pour les fonctionnaires ou les régimes spéciaux ". C'est une réforme à la pas-pas. On ne touche à rien et encore moins à ce qui pourrait fâcher ce qu'il reste d'électorat à gauche. Fastoche ! Même le patronat est content et satisfait, c'est dire. Je n'ai pas vraiment compris pourquoi - on leur promet une baisse une baisse du coût du travail en diminuant leurs charges en échange des efforts qu'ils seront amener à faire; Je crains les efforts qu'on ne manquera pas de leur demander - mais il est content et Pierre Gattaz de ressortir heureux annonçant: " Le gouvernement nous a tendu la main...". 

Alors, si tout le monde est content, où est le loup ? Si tout le monde salue, pour l'instant, les propositions faites ( les pas-pas ), c'est que cette réforme n'est n'est pas une. Et que de réforme annoncée, on passe juste à une réflexion sur comment financer à hauteur de 20 milliards d'ici 2020, les caisses de retraites. Et que finalement la solution est toute simple et typiquement socialiste: l'augmentation des prélèvements. Avec à la clé, ce qui semble inévitable: la hausse de la CSG ou la hausse des cotisations ou un peu des deux. 

Bref, en guise de réforme des retraites que chacun s'accorde à annoncer comme indispensable nous aurons une hausse d'impôts ou de charges. En clair, pour les malcomprenants, une baisse drastique du pouvoir d'achat. Et il y a fort à parier que dans un an ou deux, vous verrez, on nous annoncera que le système des retraites nécessite une nouvelle réforme et que 2020 sera devenu 2025. 

Entre temps, les élections municipales et européennes seront passées, la casse aura sans doute été limitée pour le PS et le gouvernement. Avec un peu de chance, une bise de croissance soufflera reportant une nouvelle fois aux calendes grecques une vraie et courageuse réforme. Une réforme juste et sociale pour tous !.

Folie passagère 1870.
D'accord, pas d'accord: atoilhonneur@voila.fr

19 commentaires:

  1. Que voulez vous, c'est la démocratie qui veut ça.
    On se refile la patate chaude d'une "alternance" à l'autre en faisant juste semblant de régler les problèmes. Comme manifestement le citoyen -qui décidément est con comme un balais- ne se souvient jamais à chaque coup de ce qui s'est passé la fois précédente, tout baigne dans l'huile de vidange républicaine.
    Ca nous coûte un peu plus cher à chaque fois mais, que voulez vous, c'est le Suffrage Universel qui décide, pas vrai?
    Amitiés.

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    1. @Nouratin/ Il a bon dos tout de même le suffrage. Regardes-donc,ce GVT a tous les pouvoirs et tous les moyens de réformer en profondeur. Au moins au début du quinquennat. Tout le monde sait qu une reforme du système des retraites en profondeur est nécessaire. Ils auraient pu nos gauchistes, avec un peu de courage s'y attaquer. Au lieu de cela, il a préféré le mariage zinzin qui n avait aucun caractère d urgence. Mais qui a eu ceci de bien c'est de braquer une bonne partie de la population contre ce GVT. Dans le même temps, il était face au pb de la réduction des dépenses et donc une hausse des impots. Résultat, aujourd'hui, il est coincé partout et fera maintenant le minimum pour ne pas plus froisser son électorat. Des cons!

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    2. En effet, bien vu, pour les retraites il l'a jouée petit-bras, comme prévu.
      On ne tirera rien de bon de ces cornichons-là.
      Mais c'est tout de même le corps électoral dans sa majorité qui les a choisis, non?
      Pour moi, le premier responsable c'est lui, dommage qu'on ne puisse pas le poursuivre...

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    3. @Nouratin: "c'est tout de même le corps électoral dans sa majorité qui les a choisis" ah non alors ! de mémoire ce n'est que 38% du corps électoral et 51% des suffrages exprimés qui ont choisi ses branquignols. Cépapareil !

      Ce qui n enlève rien au fait que l on devrait poursuivre ces 38 et ces 51% pour mise en danger du pays, par exemple

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  2. Est-ce-qu'ils précisent si la hausse de CSG sera comptée en déductible ou en non déductible des revenus?
    J'ai toujours adoré payer des impôts sur de l'argent que je n'avais pas gagné !
    Amicalement
    Penthièvre

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    1. @Penthièvre: Un peu de patience , on devrait le savoir bientôt. Et payer des impots sur de l argent pas encore gagné ne doit pas bien génér nos gouvernants qui ont depuis des lustres l habitude de faire des dépenses sans tenir compte des recettes

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  3. ce matin, sur BFM, Mélanchon a parlé de la réforme :

    " comment voulez vous qu'un type pas foutu de savoir comment sera son budget de l'année, ni où il va à 6 mois puisses prévoir ce qui se passeras dans 10 ans "

    Il y a des moment où ce mec me réjouit, c'est du même tonneau que Marchais en son temps....

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    1. @Boutfil: Je l ai entendu et j avoue que pour une fois, et d'une il n a pas dit trop de conneries et de deux, il n avait pas tort. hollande et Ayrault sont vraiment lamentables, cette pseudo réforme des retraites nous le prouve à nouveau.

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  4. "ce qui nous sert de premier ministre", rho le vilain. Il faut appeler un chat un chat, mon cher Corto. Une bite, une bite -et encore, une bite, ça se dresse- et un zéro un zéro.

    Ce qui semble de plus en plus certain malheureusement, c'est que ceux qui espèrent se mettre à l'abri du besoin pour leur retraite ont intérêt à placer leur matelas loin d'ici.

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    1. @al west: Grrrr, qu est-ce qu ils m'énervent ! C'est exactement, ou peu s en faut ce que disait Threard hier: avec une si petite reforminouchette, on va accroître les inégalités entre retraités, seuls ceux qui seront capables de capitaliser s'en sortiront

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  5. Si tout le monde est d'accord, mon cher Corto, c'est qu'on est tous déjà morts.
    Sauf les dirigeants politiques, les dirigeants syndicaux, les dirigeants des grandes banques, les dirigeants des grandes industries, etc.
    La Bourse se porte bien, ce n'est pas un signe, ça ?
    Et nous aurions le front de nous plaindre ? Le front de trouver que nous ne sommes pas gouvernés ? Le front d'en appeler à la révolte populaire pour qu'elle nous débarrasse de ces élites auto-proclamées qui n'ont d'autre souci que celui de leur carrière personnelle ?

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    1. @marianne: nous sommes bien d accord, le plus sidérant dans tout cela c'est la preuve éclatante d'une part du manque de courage de nos actuels dirigeants mais aussi de leur jemenfoutisme.
      Certes avec une hausse prévisible de la CSG, a priori la solution qui sera retenu pour se contenter de cautériser le truc, tout le monde paiera, sauf que les moins favorisés et les classes moyennes trinqueront plus que tous ces jenfoutres qui eux ne sont pas à 50 ou 100 euros près par mois qu'ils soient en activité ou déjà à la retraite.

      ( et je ne vous parle même pas de par exemple la situation de gens comme mes parents, vieux retraités, dont j ai fait le bilan financier semaine dernière)

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  6. Pour les retraites, la seule réforme efficace est celle qu'ont réussie les professeurs de Chicago au Chili, du temps de l'excellent général Pinochet.
    Réforme qui, passant habilement de la répartition à la capitalisation, fonctionne toujours.

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    1. @Michel Desgranges: là, je réclame un temps mort pour me renseigner sur les qualités éventuelles de Pinochet - on m a toujours dit que c'était un affreux - et sur cette histoire de ^prof US qui aurait réformer le système de retraite local

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    2. Je n'ai pas sous la main de références de textes réellement sérieux et documentés, mais h16 doit avoir cela.

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  7. @Corto, vous ne connaissez pas les théories de Milton Friedman si bien mises au service du bon
    Gl Pinochet? Je me demande si la France est bien le pays ou on peut appliquer le traitement
    de choc. Remarquez qu'il me semble qu'on est sur la bonne voie et qu'on ne nous demandera pas
    notre avis.

    Mais ilme semble qu'il ne faut pas s'attendre à ce qu'un Hollande vienne nous dire la vérité.

    Angèle

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    1. @Angèle: non je ne connais pas mais je vais me renseigner.

      Un traitement de choc ? en France ? Impossible. Sauf en période de crise grave, genre lendemains de guerre, crise politique de grande ampleur, ou que sais-je encore. je crains hélas que les Français et ses dirigeants ne jugent pas notre situation suffisament grave pour prendre enfin les mesures qui s imposent.

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  8. Ils n'ont rien compris et refusent de voir la réalité (chômage des jeunes qui ne cotisent pas et entrent de plus en plus tard sur le marché du travail, chômage des vieux qui cessent leur activité en moyenne à 56 ans, régimes spéciaux, poids des retraites des fonctionnaires etc). Ils sont englués dans un problème insoluble et subissent les pressions des syndicats si peu représentatifs et d'un MEDEF qui ne l'est pas plus.

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    1. @Pangloss: la réforme petis bras ! mais quel plaisir de lire quelques blogueurs de GVT penser la même chose !

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